samedi 12 octobre 2013

Sionisme et Nazisme. Deux faces de la même pièce


Tarek EZZAT



Lue dans Politis, la réponse d'Eyal Sivan, cinéaste israélien, à la question "Vous habitez en France où votre position d’Israélien antisioniste vous a occasionné plus de problèmes qu’en Israël; est-ce que la situation, depuis l’affaire Finkielkraut (qui vous avait traité «d’antisémite juif») s’est calmée?":
"Non, ça ne s’est pas calmé. Le combat a été gagné par les portes-voix du sionisme en France car ils ont réussi à imposer une auto-censure. Pas une censure sur les autres. Aujourd’hui des journalistes et intellectuels français ont peur de prendre position sur la question israélo-palestinienne à cause des campagnes de terreur intellectuelle qui ont été menées pendant des années.[...] J’enseigne partout en Europe, je suis invité partout, sauf en France. Je n’ai plus aucune existence publique en France [...] je pense qu’ils ont compris, les représentants du sionisme en France – qui, il faut insister là-dessus, sont bien plus nombreux que la toute petite communauté juive de France – qu’il ne faut pas réagir comme ils ont fait dans les années 2000 où ils attaquaient tout le monde en permanence. Maintenant c’est l’ignorance qui domine. Je vois, à une semaine de la sortie du film en salle, aucune demande d’interview en France, très peu de journalistes aux projections de presse. Je pense que la France est un pays gagné par le sionisme, non pas pour des raisons israélo-palestiniennes, mais pour des raisons franco-françaises, qui sont le gros problème qu’a la France avec son propre passé colonial."

En effet, comme j'avais eu l'occasion de le constater moi-même après avoir traduit "Un Printemps très chaud", superbe roman de la romancière palestinienne Sahar Khalifa (Seuil, 2005). Dans les mois ayant suivi la parution, pas une demande d'interview de l'auteure, pas un mot dans la presse française, et pour finir un seul article dans un quotidien... suisse.
Après coup, un bel article d'Omar Merzoug dans la revue (hélas défunt depuis) "La Quinzaine littéraire", puis la décision courageuse de Pascale Casanova de mettre le roman au programme de son émission (hélas défunte depuis) "L'Atelier littéraire" sur France Culture, avaient sauvé l'honneur, à défaut de sauver le destin du livre, déjà étouffé à mort par cette ignorance délibérée...











































mercredi 25 septembre 2013

La Guerre d’Octobre




La Guerre d’Octobre
Tarek EZZAT

En 1948, il y a eu la guerre de Palestine. Israël l’a gagnée avec le soutien des USA, au prix de pogroms aujourd’hui reconnus et documentés par les historiens israéliens eux-mêmes.

Le résultat de cette confrontation fut la révolution de 1952 en Egypte… avec ce qui s’ensuivit de persécutions contre les juifs d’Egypte et d’autres pays arabes.

C’était donc victoire israélienne qui a déclenché la révolution Nassérienne..

En 1956, Israël a occupé le Sinaï. Mais le monde avait changé. Avant d’être multipolaire, comme aujourd’hui, il était bipolaire. La solidarité entre les peuples était à l’origine de l’ultimatum de Boulganine. Les agresseurs, conduits en France par les socialistes racistes et réactionnaires de Guy Mollet, ont été obligé de repartir, la queue entre les jambes, parce que l’Union Soviétique avait menacé Paris et Londres du feu nucléaire. Et on savait que Boulganine ne jouait pas aux Don Quichotte comme Flamby le magnifique, avec des pétards sur un pédalo.

En 1967, Israël a de nouveau occupé le Sinaï. En 1974, l’armée Israélienne a même traversé le Canal de Suez, justement grâce à la TRAHISON de Sadate[i], qui ne cherchait pas à gagner la guerre, mais à signer un compromis avec le capitalisme néolibéral et son représentant, les Etats Unis.

Mais sous la contrainte populaire, Sadate ne pouvait pas accepter moins qu'un retrait d'Israël de tout le Sinaï. Israël a été obligé de se retirer, même de Taba.

Aujourd’hui, Obama, le Flamby des USA, a menacé de supprimer l’aide Américaine à l’Egypte, en prétendant que l’armée avait fait un coup d’état.

A l’époque, j’avais dit que les USA étaient obligés de poursuivre leur aide, parce que c’était les usines d’armement américaines qui dépendaient de ces subsides, et pas l’Egypte, qui pouvait toujours rejoindre les pays du BRICS.

Cette analyse a été vérifiée, et Obama a ravalé sa superbe et mangé son chapeau.

En 2006, Israël qui n’avait pas vu le monde changer, avait cru faire une promenade de santé au Liban.

Mal lui en a pris. Il y a eu même un moment où les israéliens craignaient de voir les militant du Hezbollah traverser les frontières et venir se battre au corps à corps dans leurs peopres villes et villages.

Ce sera peut-être pour une prochaine fois.

Le problème d’Israël, conçu et créé pour servir de porte avion des USA, dans un esprit raciste, de « poste avancé de la civilisation dans le monde des barbares  (selon Herzl) », c’est qu’aujourd’hui Israël est devenu inutile. Pour attaquer la Syrie, il faut que les USA se dérangent eux-mêmes, et encore, parce que leur président, irresponsable, avait fixé une soi-disant ligne rouge.

Israël se dit un état « juif et démocratique ». Mais sait-on ce que veut dire un état « juif » ? C’est pire qu’un état islamiste.

Ils sont nombreux les non-juifs qui ignorent ce qu’est un état juif. Et même le juifs sont nombreux à l’ignorer.

Un état fondé sur les principes énoncés dans le livre de Josué ? Merci, très peu pour moi. Comme génocide, on n’a pas encore inventé pire.

Vola ce que nous dit le livre de Josué :

Chapitre 8 : 24 Lorsqu’Israël eut achevé de tuer tous les habitants d’Haï dans la campagne, dans le désert, où ils l’avaient poursuivi, et que tous furent jusqu’au dernier passés au fil de l’épée, tout Israël revint dans la ville et la passa au fil de l’épée. 25 Le nombre total de ceux qui périrent en ce jour fut de douze mille, tant hommes que femmes, tous gens d’Haï. (…) 27 Les Israélites prirent seulement pour eux le bétail et le butin de cette ville, selon l’ordre de Yahweh qu’il avait prescrit à Josué. [eh oui, business is business ! ] 28 Josué brûla Haï, et en fit pour toujours un monceau de ruines, qui subsiste encore aujourd’hui.
(…)
Chapitre 10 : 8 le même jour, Josué s’empara de Macéda et la frappa, elle et son roi, du tranchant de l’épée ; il dévoua par anathème la ville et tous les êtres vivants qui s’y trouvaient, sans laisser échapper personne, et il traita le roi de Macéda comme il avait traité le roi de Jéricho. 29 Josué, et tout Israël avec lui, passa de Macéda à Lebna, et il attaqua Lebna. 30 Yahweh la livra aussi, avec son roi, entre les mains d’Israël, et il la frappa du tranchant de l’épée, elle et tous les êtres vivants qui s’y trouvaient, sans en laisser échapper aucun, et il traita son roi comme il avait traité le roi de Jéricho. 31 Josué, et tout Israël avec lui, passa de Lebna à Lachis ; il établit son camp devant elle et l’attaqua. 32 Et Yahweh livra Lachis entre les mains d’Israël, qui la prit le second jour, et la frappa du tranchant de l’épée, elle et tous les êtres vivants qui s’y trouvaient, comme il avait fait pour Lebna. 33 Alors Horam, roi de Gaser, monta pour secourir Lachis ; Josué le battit, lui et son peuple, sans laisser échapper personne. 34 Josué, et tout Israël avec lui, passa de Lachis à Eglon ; ils établirent leur camp devant elle et l’attaquèrent. 35 Ils la prirent le même jour, et la frappèrent du tranchant de l’épée ; tous les êtres vivants qui s’y trouvaient, Josué les dévoua par anathème ce jour-là, selon tout ce qu’il avait fait pour Lachis. 36 Josué, et tout Israël avec lui, monta d’Eglon à Hébron, et ils l’attaquèrent. 37 L’ayant prise, ils la frappèrent du tranchant de l’épée, elle, son roi, toutes les villes de sa dépendance et tous les êtres vivants qui s’y trouvaient, sans laisser échapper personne, comme Josué avait fait pour Eglon ; et il la dévoua par anathème, avec tous les êtres vivants qui s’y trouvaient. 38 Josué, et tout Israël avec lui, se tourna vers Dabir, et il l’attaqua. 39 Il la prit, elle, son roi et toutes les villes de sa dépendance ; et ils les frappèrent du tranchant de l’épée, et ils dévouèrent par anathème tous les êtres vivants qui s’y trouvaient. Sans laisser échapper personne. Josué traita Dabir et son roi comme il avait traité Hébron, et comme il avait traité Lebna et son roi. 40 Josué frappa tout le pays : la Montagne, le Négéb, le bas pays et les coteaux, avec tous leurs rois, sans laisser échapper personne, dévouant par anathème tout ce qui avait vie,

Voilà les fondements de la mentalité raciste judéo-chrétienne qui inspira les colons espagnols, portugais et anglais en Amérique ou en Australie et qui inspire encore les israéliens aujourd’hui.

Et voilà pourquoi un état juif ne peut pas être démocratique.

Voilà la vraie nature qu’on dissimule de ce qu’est un état juif, qui se prétend « seul‑état‑démocratique‑de‑la‑région ».
Aujourd’hui, Israël est enfermé dans son obscurantisme et son aveuglement. La suite est inéluctable. Ce sera un état binational, un état de tous ses citoyens, parce que les génocides de masse ne sont plus possibles de nos jours.



 الفريق سعد الدين الشاذلي مع ابنته شهدان
Le général Saad-el Dine al-Shazly, et sa fille Shadaane

On dira ce qu’on voudra de la guerre d’Octobre, cela n’a aucune importance ; Seul le résultat compte. Le Sinaï a été libéré, puis le Hezbollah, sans l’aide d’aucune puissance étrangère à défait d’une armée qu’on croyait invincible.

L’histoire avance par zigzags, mais elle avance.